Conférence 2009 de la FCD
Jerry Tan MD FRCPC
Windsor, Ontario, Canada
2009 - Le Dr Jerry Tan prononce la conférence de la FCD à l'assemblée générale annuelle de la l'Association canadienne de dermatologie, à Vancouver, en juillet 2009
RÉSUMÉ
La sévérité de l’acné, à l’instar de plusieurs autres dermatoses, se mesure à différents facteurs, notamment les signes principaux de la maladie active, ses manifestations secondaires, ses répercussions sur la qualité de vie ainsi que la résistance au traitement. Le point de vue du patient sur sa maladie est une composante essentielle mais jusqu’ici négligée de ce paradigme. En effet, l'évaluation clinique de la maladie ne permet pas à elle seule de juger des répercussions de l’acné sur la qualité de vie, car les patients les plus affectés physiquement ne sont pas forcément les plus marqués psychologiquement. En outre, l'adhésion au traitement topique de l’acné augmente proportionnellement à l’amélioration de la qualité de vie et diminue proportionnellement à l’aggravation clinique de la maladie.
Si les médecins sont experts dans l’évaluation des caractéristiques cliniques des dermatoses, notamment des modifications principales et secondaires de la peau, ils doivent tout même relever le défi d’intégrer ces éléments disparates dans des outils d'évaluation validés qui sont à la fois pertinents et faciles à utiliser en pratique courante. L’échelle CASS (Comprehensive Acne Severity Scale), qui permet d'évaluer les lésions primaires et l'activité de l'acné sur le visage et le tronc, est un instrument validé et pratique pour les médecins qui offre une mesure de sévérité clinique plus éloquente que l'attribution d'une cote fondée sur l'observation du visage. Un mode d’évaluation des cicatrices post acnéiques a également été créé au moyen d’une échelle semblable. Certes, il existe déjà de nombreux instruments d’évaluation des répercussions de l’acné sur la qualité de vie, mais la plupart sont très longs et peu d’entre eux sont validés. Le test validé Acne Q4, qui ne comprend que quatre items, est toutefois court et pratique.
La perspective du médecin et celle du patient sur les effets de l’acné sont complémentaires mais peuvent être différentes. L’évaluation multidimensionnelle des dermatoses à l’aide d’instruments validés facilitera peut-être les recherches à venir centrées sur les soins au patient.
Dr Gilles J. Lauzon division dermatologie, Université de l’Alberta, Edmonton, AB
Conférence 2006 de la FCD
La 81e Conférence annuelle de l'ACD
Hôtel Fort Garry, Winnipeg, Manitoba, Canada
Dr Jan Dutz FRCPC, Vancouver, CB, Canada
Conférence 2005 de la FCD
La 80e Conférence annuelle de l'ACD
Fairmont, le Château Frontenac, Québec, Qc, Canada
Dr Robert Bissonnette MD FRCPC Montreal, Québec, Canada
Conférence 2004 de la FCD
La 79e Conférence annuelle de l'ACD
Fairmont Empress, Victoria, C.-B., Canada
RÉSUMÉ
Notre groupe cherchait à déterminer, au moyen de modèles murins, si la thérapie photodynamique (TPD) pouvait prévenir le cancer de la peau. Lors de ces expériences, des souris sans poiles étaient exposées quotidiennement aux rayons UV et recevaient en concomitance, une fois par semaine, une TPD topique sur une grande surface. Ce protocole expérimental nous a permis de démontrer que la TPD à l'acide aminolévulinique (AAL) administrée une fois par semaine sur une grande surface peut retarder l'apparition de kératoses actiniques et de carcinomes spinocellulaires.
Nous avons récemment effectué des expériences lors desquelles des souris étaient d'abord exposées aux rayons UV pendant 8 semaines, après quoi elles recevaient chaque semaine la TPD AAL administrée au moyen du Blu-U® (appareil utilisé en clinique pour traiter les kératoses actiniques). Là encore, cette démarche séquentielle a retardé l'apparition de kératoses actiniques et de carcinomes spinocellulaires. Bien que la souris sans poils soit un excellent modèle pour le carcinome spinocellulaire, elle ne l'est pas pour le carcinome basocellulaire, même après une exposition de longue durée aux rayons UV. Par contre, la souris hétérozygote porteuse du gène PTCH peut servir de modèle pour le carcinome basocellulaire après une exposition chronique aux rayons UV. À l'aide de ce modèle murin et du méthylaminolévulinate, photosensibilisant topique, nous avons démontré que la TPD hebdomadaire peut aussi retarder l'apparition de carcinomes basocellulaires.
Le mécanisme qui sous-tend l'apparition retardée du cancer est probablement un phénomène local, car il s'observe uniquement sur la surface où le photosensibilisant topique est appliqué. Dans les expériences où les souris étaient exposées chroniquement aux rayons UV et recevaient la TPD-ALL une seule fois, nous avons constaté que la TPD-AAL ne semblait pas retarder l'apparition du cancer de la peau en exerçant un effet phototoxique direct sur les groupes de cellules porteuses du gène p53 muté qui, croit-on, sont les précurseurs microscopiques des kératoses actiniques.
Les cliniciens ont récemment commencé à se servir de la TPD-AAL sur une grande surface pour le traitement des kératoses actiniques et du photovieillissement. Les données recueillies chez l'animal donnent à penser que cette démarche thérapeutique pourrait avoir l'avantage supplémentaire de contribuer à la prévention du cancer de la peau.
Dr J. Shapiro MD FRCPC et al
University of British Columbia Hair Research and Treatment Centre, Vancouver General Hospital, Vancouver, Colombie-Britannique, Canada
Conférence 2003 de la FCD
La 78e Conférence annuelle de l'ACD de 2003
Fairmont Château Laurier, Ottawa, Ontario. Canada
RÉSUMÉ
Introduction : La pelade ou alopecia areata est considérée comme une maladie auto-immune spécifique d'un tissu qui se caractérise par l'inactivation du follicule pileux imputable à l'activité continue d'un infiltrat lymphocytaire.
Le recours à des modèles animaux appropriés permet de distinguer les mécanismes moléculaires des effets thérapeutiques. Les thérapies dermatologiques consacrées par l'usage comme l'anthraline et la méchloréthamine sont utilisées dans le traitement de la pelade, mais leur efficacité et leur mode d'action n'ont pas été étudiés très à fond.
Méthodologie : Des souris et des rats présentant une pelade ont reçu un traitement topique par l'anthraline et la méchloréthamine sur un seul côté de la surface dorsale. On a ensuite procédé à un RPA, à une RT-PCR de même qu'à une analyse du génome et du protéome sur le côté traité et le côté non traité. De humains ont également reçu les deux agents de façon unilatérale.
Résultats et conclusions : La totalité des rats et des souris ont répondu au traitement topique. De 20 à 25 % des humains ont répondu aux traitements susmentionnés. Dans les modèles animaux, certaines cytokines ont subi régulièrement une régulation positive (IL-1 a/b, IL-10) ou négative (IFN-g et TNF-a).
L'établissement du profil génomique a aussi mis en évidence des modifications de l'expression de certains gènes. Un examen immunohistochimique a révélé une migration ou une déplétion totale des populations de CD8 et de CD4 centrofolliculaires. Les CD54 ou ICAM-1 ont été associées à des changements similaires. L'établissement du profil du protéome a révélé que certaines protéines liées à la prolifération cellulaire ou à l'apoptose avaient été altérées. L'étude des mécanismes moléculaires qui régulent l'activité folliculaire dans les modèles animaux au moyen de quelques-uns de ces traitements dermatologiques traditionnels pourrait nous éclairer quant au mode d'action.
Le ciblage de cytokines spécifiques comme l'IFN-g et le TNF-a au moyen des nouveaux agents biologiques pourrait offrir de grandes possibilités dans le traitement de la pelade. Ces modèles animaux visibles, accessibles et traités unilatéralement sont idéals pour étudier les nouveaux agents dans le traitement de la pelade ainsi que les mécanismes moléculaires in vivo des actions thérapeutiques.
Dr Richard D. B. Langley, FRCP, Dalhousie University, Halifax, Nouvelle-Écosse
Récipiendaire de la bourse d'études FCD -Galderma Canada 2002
Le cancer de la peau est le cancer le plus fréquent au Canada et aux États-Unis. Le mélanome, qui compte parmi les cancers de la peau les plus mortels, se caractérise par la croissance anarchique de cellules productrices de pigments appelées mélanocytes.
En 2001, la Société canadienne du cancer estimait à 70 000 le nombre de personnes chez qui allait apparaître un cancer de la peau autre qu'un mélanome et à 3800 le nombre de celles chez qui allait apparaître un mélanome. L'incidence des mélanomes augmente plus vite que celle de tout autre cancer chez les personnes au teint clair, tous pays confondus.
Au Canada, c'est en Nouvelle-Écosse que l'incidence des mélanomes est la plus élevée. Toujours en 2001, la Société canadienne du cancer estimait l'incidence des mélanomes normalisée en fonction de l'âge à 22/100 000 chez l'homme (12/100 000 pour l'ensemble du Canada) et à 17/100 000 chez la femme (10/100 000 pour l'ensemble du pays).
Lorsqu'un mélanome est décelé tôt, l'exérèse chirurgicale peut guérir la maladie dans la plupart des cas. Un diagnostic précoce est essentiel, et l'on observe une corrélation directe entre l'épaisseur du mélanome et la durée de survie. Si le mélanome est décelé à un stade où il est très plat (mélanome in situ), il est presque toujours curable.
S'il est décelé et excisé à un moment où il a l'épaisseur d'une pièce de 10 cents (~1,0 mm), le taux de guérison est d'environ 90 %. Si, en revanche, il est enlevé lorsqu'il a atteint l'épaisseur de quatre pièces de 10 cents (~4,0 mm), le taux de guérison n'est que de 50 %.
Malgré l'importance d'un diagnostic précoce, la capacité des médecins à reconnaître ces lésions demeure imparfaite. À l'heure actuelle, le seul moyen de diagnostiquer un cancer de la peau est d'enlever la lésion en partie ou en totalité. Cette façon de faire peut entraîner l'ablation inutile de certaines lésions ou, au contraire, la non-exérèse d'une lésion cancéreuse. Les scientifiques tentent donc de mettre au point des techniques non invasives qui facilitent le diagnostic précoce. Un nouvel instrument, le microscope confocal au laser, permet de visualiser des tissus vivants à l'échelon cellulaire.
Tout comme un appareil d'IRM (imagerie par résonance magnétique) ou un tomodensitomètre (" scanner ") capte les structures anatomiques macroscopiques, le microscope confocal permet d'obtenir in vivo, de façon rapide et non invasive, des images de la peau humaine montrant le détail de la morphologie cellulaire et nucléaire. Cette technologie est une véritable " fenêtre " sur les tissus vivants et permet un examen pathologique non invasif des tissus. Grâce au laser, on peut diagnostiquer un cancer sans passer par la biopsie.
Nous évaluons actuellement l'utilisation clinique du microscope au laser afin de déterminer s'il est possible de différencier les lésions cutanées bénignes des lésions malignes. Nos premières recherches indiquent qu'il serait effectivement possible de déceler un cancer à un stade plus précoce, c'est-à-dire à un stade où les chances de réussite du traitement sont plus élevées. Notre hypothèse de travail veut que de nouvelles méthodes diagnostiques faisant appel au microscope confocal permettent un diagnostic plus précoce du mélanome. Qui plus est, ces méthodes simplifieront le diagnostic et en amélioreront l'exactitude tout en réduisant le recours aux biopsies.
Les patients devant subir une biopsie à cause d'une lésion suspecte seront recrutés dans les cliniques de dermatologie. Après avoir étudié leurs antécédents cliniques, on leur fera subir un examen clinique de même qu'un examen dermoscopique. De plus, on prendra des clichés cliniques et dermoscopiques de leurs lésions. Ces lésions seront ensuite visualisées au moyen d'un microscope confocal. Une fois l'étude terminée, les patients subiront la biopsie qui était prévue à l'origine. Les lésions feront alors l'objet d'une exérèse chirurgicale et d'un examen histopathologique.
Les résultats de l'étude seront ensuite comparés à ceux de l'examen histopathologique. Si le microscope confocal se révèle aussi exact que la biopsie, il pourrait devenir un outil diagnostique fort utile.
L'examen au microscope confocal au laser étant non invasif, il comporte un risque minime ou nul, par exemple, un léger malaise ou l'anxiété. Les risques sont minimes comparativement à ceux d'une biopsie, comme l'infection et la formation de tissu cicatriciel. Les patients qui accepteront d'investir un peu de leur temps dans cette étude contribueront peut-être à l'avènement d'une méthode diagnostique non invasive plus rapide et plus sûre.
L'appui de la FCD a été essentiel à ma formation en tant que chercheur indépendant. Les bourses que j'ai reçues ont rendu possible la mise sur pied et la réalisation de mon étude pilote, laquelle m'a permis d'obtenir un financement externe suffisant. J'apprécie grandement le soutien qu'offrent les particuliers et l'industrie à la FCD.